Déferrer, oui, mais pas n’importe comment

Crédit photo : Mari_art/Adobe Stock
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Si vous souhaitez vous lancer dans l’aventure du pied nu, il est essentiel de préparer correctement le terrain au préalable et de bien vous entourer. "L’important est d’avoir une approche globale lors du déferrage. Je recommande de passer à une alimentation sans céréales et sans sucre. La transition en étant au box est possible, mais il faudra davantage sortir le cheval en main de manière progressive et quotidienne."

"L’avantage du paddock paradise est que les pieds du cheval évolueront seuls pendant la journée", explique Barbara Maulet, vétérinaire spécialisée en orthopédie. Les causes d’échec lors du déferrage peuvent avoir différentes origines. D’après la podologue Tanja Fomenkova, ceci peut arriver lorsque "les conditions de vie ne sont pas toujours optimales. En effet, il y a beaucoup plus de chances de réussir la transition si le cheval bouge. Dans un box, les pieds ne sont pas stimulés, ils sont sur une litière molle. Les sabots ne touchent pas le sol dur".

Avant de passer le cap, il est également essentiel de "se préparer mentalement à la gestion des abcès, qui, sans être obligatoires, seront un passage gênant pour le cheval mais faisant partie de la régénération des structures internes. Il est également important de se préparer un calendrier d’entraînement progressif pour accompagner son cheval dans ce processus évolutif. Ainsi que de prévoir de – peut-être – ne pas le monter pendant 2, 4 ou 6 mois… suivant les besoins", explique Guillaume Parisot, podologue.

TEMOIGNAGES...

Caroline Peterges a malheureusement vécu une mauvaise expérience avec son cheval Picasso lors d’un déferrage impulsif. Âgée de 12 ans à l’époque, elle ne s’était pas renseignée et n’a pas eu l’occasion d’accompagner correctement son cheval dans ce processus.

"Un stage a eu lieu dans une écurie où je me rendais régulièrement. Terriblement emballée par cette approche plus naturelle, j’ai laissé mon cheval aux mains de ces pareurs en formation. À cette époque, je montais principalement en balade sur tous types de terrains pour des durées de 1 à 4 heures. Picasso n’a pas vraiment été ménagé durant la transition et autour de moi on me jurait que ces longues balades allaient rendre ses pieds moins sensibles. Il passait ses journées au pré sans aucune stimulation du pied autre que ces longues balades. Les parages étaient effectués à plat par un maréchal. En balade, il cherchait à tout prix l’herbe si bien que ça en devenait dangereux par moment pour moi et pour lui. Après une année, lors d’un parage, mon maréchal de l’époque m’a dit : "Si tu ne referres pas ton cheval, il sera bon pour la boucherie." Jeune et aussi influençable que je l’avais été pour la mise pieds nus, j’ai immédiatement accepté par peur. À chaque ferrage, Picasso était même incapable de rester pieds nus sur des gravillons le temps de changer ses fers. Il y a deux ans, il a intégré un paddock paradise. En y arrivant, la condition de son intégration était de déferrer les postérieurs. Bien que réticente, j’ai accepté et il se porte très bien mais je suis persuadée qu’il serait incapable de se mouvoir correctement sans ses fers aux antérieurs. Selon moi, sa brutale mise pieds nus a augmenté encore sa sensibilité."

Cette expérience nous montre qu’il est essentiel de préparer le terrain et de se renseigner avant de passer à l’action afin que la transition se passe de manière douce et fluide.