Stephan Conter interpelle le Président de la FEI

Stephan Conter (Crédit photo : Christophe Bortels)
Stephan Conter (Crédit photo : Christophe Bortels)

Propriétaire de l’écurie Stephex et organisateur de CSI, Stephan Conter se dit préoccupé par l’avenir du saut d’obstacles. Dans une longue lettre ouverte adressée à Ingmar De Vos, Président de la FEI, il détaille ses inquiétudes face aux mesures envisagées par la FEI et lance des pistes…

Comme il le précise dans sa lettre, Stephan Conter ne s’exprime pas au nom d’un lobby mais plutôt d’une communauté qu’il rencontre au quotidien et qui partage ses positions. « Cette communauté dont je vous parle, au sens large, se sent à tout le moins bousculée, très inquiète, déstabilisée et non respectée par des règles floues et surtout à double vitesse. », précise-t-il.

Le Forum sportif de la FEI

D’après Stephan Conter, le Forum sportif de la FEI auquel il a assisté récemment n’a pas tout à fait débouché sur un large consensus comme on souhaiterait le faire entendre. A propos de certains sujets, il dénonce un temps extrêmement réduit consacré aux questions-réponses, aux échanges et écoute des avis de l’assemblée ou encore le fait que « la plupart des questions ont été très diplomatiquement évitées ou contournées par des réponses hors sujet ».

Il précise aussi que les différentes règles n’ont pas fait l’objet de votes séparés mais ont été présentées dans un package global approuvé en grande majorité par des fédérations nationales qui accumulent une grande part des droits de vote, mais ne représentent pas sur le terrain les principaux acteurs du sport actuel.

L’accès aux concours

Stephan Conter s’est aussi exprimé sur un sujet qui préoccupe particulièrement les cavaliers : les possibilités d’accès aux compétitions.  « Aujourd’hui déjà, et davantage à l’avenir, les règles et les évolutions contraignantes proposées par la FEI impliquent dans de nombreux cas que les cavaliers n’ont pas le choix ou rarement le choix entre différents concours ou n’ont pas la possibilité matérielle ou la liberté tout court de participer à chaque concours d'un certain niveau. Ils ne peuvent donc accumuler des points de classement ranking. »

Le patron de Stephex estime ainsi qu’actuellement, les cavaliers qui ne se situent pas dans les premières places du ranking mondial possèdent peu de possibilités d’évolution. Il demande donc un  « moratoire de quelques mois sur les nouvelles dispositions permettant de réfléchir et construire quelque chose d’équilibré pour 2018 ».

Les CSI 4 et 5*

Contrairement au système à deux vitesses qui se dessine avec notamment le Global champions tour, Stephan Conter propose également un règlement similaire pour les CSI 4 et 5* avec notamment le droit pour les organisateurs d’inviter 15 à 20% des cavaliers et un nombre de points de ranking similaire peu importe le standing du concours.

Stephan Conter prône aussi le développement des CSI 5* en diminuant le prize money minimum de ces concours à 150.000 euros, afin qu’on trouve davantage de compétitions de ce type et que plus de cavaliers puissent y avoir accès.

La Coupe des nations

Soucieux de redonner de l’intérêt et du prestige à la Coupe des nations, Stephan Conter propose dans sa lettre d’additionner les prize money du Grand prix et de la Coupe des nations lors des CSIO. « Il faudrait, par exemple, en faire une épreuve le dimanche après-midi en faisant deux classements. Un classement par équipe et un classement individuel. Dans les deux classements les cavaliers auraient la possibilité d’accumuler des points ranking. Dans cette épreuve, le 5ième cavalier de chaque pays participerait mais serait en lice uniquement pour le classement individuel. »

Des CSI 6*

Enfin, Stephan Conter souhaiterait développer des CSI 6* avec plus de points de ranking. Cette catégorie serait réservée à « des concours ayant des lettres de noblesse incontestables, offrant des expériences sportives et qualitatives hors du commun. »

Il évoque notamment Aix-la-Chappelle, Calgary, Genève, les finales du Global champions tour, de la Coupe du monde ou des grands championnats, etc.

Stephan Conter conclut toutefois sa longue lettre en précisant : « Ces quelques pistes ne doivent pas être comprises comme des certitudes absolues, une nouvelle autre vérité mais comme des pistes de travail que je souhaite animer dans cette période moratoire et de réflexion urgente et nécessaire. »

Pour lire la lettre complète, cliquez ici