Alimentation

(Crédit photo: Christophe Bortels)

1/ Fourrages ou granulés ?

Avant de choisir son type d’alimentation, il est important d’évaluer l’activité de votre cheval. En effet, moins il sera travaillé, plus sa nourriture sera composée de fourrages. On estime que les fourrages peuvent fournir 80 à 100 % de l’alimentation pour les équidés à faibles besoins, 50 à 60 % pour les chevaux de sport et  d’élevage et peuvent descendre jusqu’à 30 à 40 % pour les chevaux de course et de haut niveau.

2/ Les différents types de fourrages

Le plus connu est le foin, qui doit être de bonne qualité, sec et idéalement composé d’espèces végétales variées. Il peut suffire à nourrir un cheval à l’entretien. Petit conseil : distribuez-le au sol plutôt que dans un râtelier afin de permettre au cheval d’être dans une position plus naturelle et d'éviter qu'il respire trop de poussière.

Le foin de Luzerne, riche en calcium et en protéines, est donné sous forme de pellets dans la ration de concentrés. Il ne peut pas constituer l’essentiel de la ration en fourrage.

L’ensilage d’herbes est moins poussiéreux et donc intéressant pour les chevaux ayant des problèmes respiratoires. Il est souvent plus énergétique mais son traitement peut entraîner des carences en vitamines. Ses apports ne peuvent donc pas être comparés à ceux de l’herbe. Il faut également tenir compte de sa valeur en matière sèche. La quantité d’eau dans un préfané peut varier de 20 à 60%.

(Crédit photo: Christophe Bortels)
(Crédit photo: Christophe Bortels)

3/ La sensation de satiété

Le paramètre le plus important en nutrition est avant tout le nombre de kilos de matière sèche ingérée par jour. En effet, le premier but de se nourrir est de ne plus avoir faim et donc d’atteindre de manière quotidienne la sensation « de satiété ». La faim de manière récurrente entraîne chez toutes les espèces une destruction physique et mentale.

Depuis quelques années, les céréales, sucre et amidon, ont très mauvaise presse. Il est vrai que si on nourrit un cheval qui a du foin à volonté avec 6 kg d’avoine par jour, son ingestion de foin va être limitée. Dans ce cas, le cheval n’aura pas faim et les dégâts sur son système digestif seront probablement existants mais limités. Dans la majorité des cas, les chevaux ont trop peu de fourrages. Cela implique que lorsque l’on diminue le concentré sans augmenter de manière conséquente le fourrage, on diminue davantage le nombre de kilo ingéré par jour. De ce fait, on réduit encore le temps d’ingestion et l’énergie de la ration induisant une augmentation de la sensation de faim. En définitif, on accroît les problèmes d’ulcères, les risques de coliques, les problèmes d’état et à plus ou moins court terme, les problèmes de santé.

Il est conseiller de donner 0,5 à 1 kg par 100 kg de PV de concentrés ainsi que 1,5 à 2 kg de foin par 100 kg de PV. C’est-à-dire en quantité minimum de 2,5 kg de concentrés et 7,5 kg de foin par jour pour un cheval de 500 kg.

4/ Le nombre de repas par jour

Le cheval possède un système digestif très lent et peu adapté à recevoir des grosses quantités de nourriture. Il est conseillé de diviser les repas au maximum et de les échelonner sur la journée pour arriver à un idéal de trois repas par jour. La distribution de fourrage reste nécessaire car car le cheval est avant tout herbivore. Un cheval carencé en foin aura, en effet, tendance à se jeter sur sa paille. Celle-ci est riche en fibres non digestibles et va directement se diriger vers le gros intestin. Ingérée en trop grande quantité, cela peut entraîner des troubles digestifs comme les coliques par obstruction.

5/ Le changement de nourriture

Les changements soudains de nourriture ne sont pas idéaux car ils nuisent au bon fonctionnement de la flore intestinale du cheval. Afin d’éviter des problèmes de digestion comme la diarrhée ou les coliques, il est important d’introduire progressivement les nouveaux aliments en remplacement des anciens. En général, quelques jours suffisent au cheval pour s’habituer.

6/ Les friandises

Carottes, pommes et autres friandises peuvent être données à volonté, tout en n’oubliant pas qu’elles ne peuvent être considérées comme des aliments à part entière. La pierre de sel est indispensable et ne présente pas de risque d’abus car le cheval modère sa consommation en fonction de ses besoins.

(Crédit photo: Christophe Bortels)
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