Compétition et santé : les conseils d’une vétérinaire

Emmanuelle van Erck réalise un check up des chevaux de haut niveau environ tous les trois mois (Photo :  Westergren Photography)
Emmanuelle van Erck réalise un check up des chevaux de haut niveau environ tous les trois mois (Photo : Westergren Photography)

Quelle que soit la discipline, la réussite d’une saison de concours repose en grande partie sur un bon planning et une préparation physique adéquate. La santé est également primordiale et, même si l’on ne saurait éviter tous les accidents, quelques précautions permettent d’éviter bien des ennuis…

Docteur en médecine vétérinaire chez ESMP, Emmanuelle van Erck prend en charge le suivi médico-sportif de nombreux chevaux de compétition. Sur base de son expérience, elle nous livre quelques conseils assez simples à mettre en place pour préserver la santé de son cheval au fil d’une saison de compétition.

AVANT LA SAISON

Qui dit préparation à la compétition dit augmentation de l’entraînement. Avant d’augmenter la charge de travail, Emmanuelle van Erck rappelle qu’un petit bilan de santé peut être utile. « On peut effectuer un contrôle ostéopathique et vétérinaire pour s’assurer que le cheval est apte à intensifier son entraînement. Si le cheval a déjà eu des ennuis de santé par le passé, une prise de sang ou un test de boiterie peuvent par exemple être très utiles. Chez les chevaux de haut niveau, on effectue généralement une prise de sang de référence quand tout va bien, de sorte à pouvoir détecter plus facilement par après une éventuelle anomalie. »

Même si la préparation physique doit être adaptée à chaque discipline et niveau, la vétérinaire remarque que la plupart des cavaliers ont tendance à ne pas diversifier suffisamment leurs entraînements alors que c’est très bénéfique. « Varier les séances est notamment utile pour solliciter d’autres chaînes musculaires. Pour les chevaux de dressage qui sont souvent travaillés dans une attitude rassemblée, il peut par exemple être bénéfique de faire de temps à autre des galops allongés dans de grands espaces. On peut aussi améliorer la résistance musculaire de son cheval en allant à la mer, développer ses capacités physiques en effectuant des sorties avec du dénivelé ou encore travailler en douceur la proprioception et renforcer les tendons en marchant sur des sols variés. »

Au niveau des soins, il est préférable de réaliser les vaccins et vermifuges en dehors de la période de compétition. On évitera ainsi de perturber sa saison si jamais le cheval fait une quelconque réaction. Enfin, si l’on souhaite modifier le régime alimentaire de sa monture, Emmanuelle van Erck rappelle qu’il faut le faire « de manière très progressive – sur trois à quatre semaines – pour laisser le temps à la flore intestinale de s’adapter. »
 

                                     

                                                                  Un contrôle de santé est toujours utile avant le début de la saison

PENDANT LA SAISON

En cours de saison, la docteur en médecine vétérinaire réalise un check up des chevaux de haut niveau à peu près tous les trois mois. En dehors des bilans réguliers, elle recommande surtout d’être attentif à tout changement de comportement ou irrégularité qui pourrait indiquer un problème de santé. « Il est souvent préférable de ne pas attendre trop longtemps avant d’appeler un vétérinaire, car cela permet bien souvent d’éviter des examens coûteux », précise-t-elle.

Il est aussi intéressant selon elle de s’aider d’outils connectés comme des capteurs de fréquence cardiaque ou d’autres objets qui permettent de décrypter les séances de travail. « Cela permet au cavalier comme au vétérinaire de disposer de paramètres objectifs, notamment sur l’intensité de l’entraînement. Ces outils aident aussi à détecter plus rapidement d’éventuels problèmes et permettent à nous, vétérinaires, un certain suivi à distance grâce à l’échange de données via des plateformes spécifiques. »

Pour ce qui est du travail et du repos, Emmanuelle van Erck rappelle « qu’il faut trois jours à la musculature d’un cheval pour récupérer complètement après gros effort ». Par conséquent, il faut espacer les séances basées sur l’intensité (notamment certains concours) mais néanmoins garder entretemps une activité physique légère et régulière pour éviter les accidents musculaires comme les myopathies – aussi connues sous le nom de « maladie du lundi ».

                                       

          Les outils connectés peuvent être utiles pour avoir un regard objectif sur l'intensité des entraînements (Photo : Westergren Photography)

APRES LA SAISON

En fin de saison, même si l’heure est souvent au repos, un dernier bilan vétérinaire peut s’avérer très intéressant. « C’est l’occasion de faire le point sur les forces et faiblesses du cheval pour ensuite évaluer au mieux comment se préparer à la saison suivante », souligne Emmanuelle van Erck. « On peut aussi profiter de ce moment pour s’assurer que la selle, la ferrure etc sont toujours adaptées au cheval. »

Retrouvez notre dossier complet sur la gestion du planning de concours dans Léquimag n° 105 - avril 2019 disponible ici

https://stephexhorsetrucks.com/